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Nous avons visité la Villa Savoye de Le Corbusier

4 min de lecture

Cet été, nous avons pas mal vadrouillé dans l’ouest parisien pour poursuivre nos visites de maisons d’architectes. Rappelez-vous, il y a quelques semaine, on partageait avec vous notre visite de la Maison Louis Carré d’Alvar Aalto, une demeure des années 1950. Aujourd’hui, c’est au tour de la Villa Savoye. Les aficionados d’architecture moderniste la connaissent bien, il s’agit d’une villa réalisée dans les années 1930 par le célèbre architecte Le Corbusier.


La Villa Savoye est sans doute l’œuvre la plus connue de Le Corbusier. Elle a été commandée par Pierre Savoye et sa femme comme maison secondaire pour se reposer et recevoir des amis le week-end. La maison disposait à l’époque d’un terrain de 7 hectares, en pleine nature et abrité par une ceinture arborée dominant la vallée de Seine. Aujourd’hui, une grande partie du terrain appartient à la commune de Poissy.

Le cahier des charges de la famille à l’époque était de disposer d’une villa de plein pied (excepté les chambres) avec un chauffage central (très avant-garde pour l’époque) et une isolation des murs extérieurs pour protéger la maison. Le Corbusier bouscule l’organisation préconisée en concentrant les espaces de vie aux deux étages supérieurs pour offrir une vue lointaine sur l’extérieur. Cette architecture est avant tout fonctionnelle et propose une ouverture sur l’extérieur exceptionnelle. Surnommée “Les Heures Claires” en raison de la place accordée à la lumière, la Villa Savoye peut être considérée comme le modèle abouti de la villa puriste.
Comme la Villa La Roche, Le Corbusier conçoit la Villa Savoye comme une promenade architecturale, qui conduit le visiteur à travers les différents espaces de la maison en lui faisant découvrir une succession de vues aux cadrages renouvelés sur le paysage extérieur ou des détails architecturaux.

Le Corbusier a voulu offrir à ses commanditaires une architecture “pure, nette, propre et saine”.

Le rez-de-chaussée est aménagé au profit des voitures de Monsieur et des services comme la buanderie et les chambres du personnel de maison. On y trouve aussi un grand hall d’entrée de 60 m2 très lumineux. Au premier étage, les espaces de vie surélevés offrent des points de vue inégalés sur la nature. Ils sont organisés en fonction de la vue et de l’orientation du soleil. La pièce à vivre est tournée au nord-ouest tandis que la terrasse l’est au sud. On y trouve aussi la cuisine, les chambres du couple et du fils ainsi qu’un boudoir. Enfin, le toit-jardin est aménagé avec un solarium.

 

L’escalier et la rampe
Une double circulation est assurée par un escalier et une rampe qui occupe une place centrale et dessert les différents espaces.

 

Le salon
C’est un grand rectangle qui s’étend sur une surface de 84 m2. Les parois sont peintes en bleu clair, rose et blanc. Des baies vitrées coulissantes donnent sur la terrasse.

 

La cuisine
Elle est conçue comme un espace fonctionnel, hygiénique et moderne. Carrelée avec des carreaux de céramique blanche et équipée de rangements aux portes métalliques, elle est assimilable à un laboratoire.

 

Les chambres
De style dépouillé, les chambres équipées de salle de bain accueillent des rangements intégrés à hauteur d’homme qui font aussi office de cloisons. Il existe une grande fluidité spatiale entre la chambre des parents et leur salle de bain.

 

Le toit-jardin
Plutôt qu’un contact réel avec la nature, Le Corbusier privilégie sa contemplation. D’où le parti-pris de cette terrasse-jardin en surplomb, parsemée de bacs végétalisés, qui offre une vue sur le paysage avoisinant. La pleine nature qui environnait la villa lors de sa construction a disparu au profit d’une forte densification urbaine. Le solarium, un espace ouvert sur le ciel et constitué principalement de parois courbes en rupture avec la ligne orthogonale dominante du bâtiment, abrite aussi du vent.

 

Livrée en 1931, la villa est peu occupée à cause de problèmes d’étanchéité de la toiture et de fuites. Dès 1938, les propriétaires espacent leurs séjours dans la villa. Ces défaillances techniques altèrent gravement la relation des clients avec Le Corbusier. La Seconde guerre mondiale et le départ précipité de la famille Savoye évitent les tribunaux à Le Corbusier. Pendant la guerre, la villa est réquisitionnée par les Allemands puis occupée par les Américains. En 1958, le terrain passe de 7 à 1 hectare en raison de la construction d’un lycée. À partir de 1964, la villa fait l’objet de trois restaurations. La première menée du vivant de son auteur est conduite entre 1963 et 1967 par l’architecte Jean Dubuisson. La dernière, entre 1996 et 1997, aménage la villa de façon à faciliter son accès au public.

La Villa Savoye est ouverte tous les jours sauf le lundi et certains jours fériés pour un plein tarif de 8€ et gratuit pour les moins de 26 ans.
Plus informations et réserver en ligne, rendez-vous sur villa-savoye.fr

Source : citedelarchitecture.fr

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